Les Sanctuaires - Interview de Sébastien Pons
Sébastien Pons nous livre avec Les Sanctuaires un récit autobiographique profondément spirituel, porté par une esthétique graphique saisissante. Suite à une paralysie inexpliquée, il entame un voyage intérieur entre méditation, amour et quête de sens. Il nous raconte aujourd’hui les coulisses de cette œuvre singulière et bouleversante.
Les Sanctuaires raconté par Sébastien Pons
La genèse de cette BD est originale. Pouvez-vous nous raconter ça ?
La véritable genèse de cette BD, c'est une rencontre par hasard au sommet de la montagne d'Inari. Je voulais écrire une histoire, et une dame m'a conseillé d’écrire une histoire avec le cœur. Une histoire d'une chute suivie d'une autre chute, une histoire un peu triste qui se terminerait par un petit arc-en-ciel. J'ai beaucoup réfléchi suite à cette rencontre. Je n'avais absolument pas envie de parler de moi, mais mon propre parcours collait à ce schéma narratif alors j’ai fini par accepter de parler de moi… et j’ai commencé à écrire.
Vous tenez tous les rôles de l'illustration, au scénario, à la couleur. C'est beaucoup de pression ou beaucoup de liberté ?
C’est surtout beaucoup de liberté et un boulot monstrueux. Quand on est un peu trop perfectionniste, chaque étape demande le double d’attention et peut être remise en question. C’est un vrai travail solitaire de moine copiste, d’où l’importance d’avoir des proches qui soutiennent et aident à garder du recul.
Vous avez mis beaucoup de vous à l'intérieur, mais cela peut résonner en chacun de nous. C'est important pour vous ?
C’était même le projet de base. Oui, dès le départ, je voulais que cette BD « serve » à quelque chose, qu’elle ait du sens. J’ai compris qu’en racontant mon expérience avec sincérité, je pouvais offrir un miroir aux lecteurs. Chacun y projette alors ses propres blessures, ses questionnements et peut alors visiter différemment sa propre intériorité.
Vous avez partagé votre temps entre la France et le Japon durant sa réalisation. En quoi cela a influencé son contenu ?
Même si ma base reste la France, mes passages au Japon m’ont marqué. L’exigence narrative du manga, la quête de clarté et de lisibilité imprègnent mon trait et mon découpage.