Le Livre d'Ayla - Rencontre avec la scénariste et l'illustratrice
Dans la BD Le Livre d'Ayla, Séverine De La Croix et Violette Grabski nous proposent de plonger avec délice dans un royaume féérique riche, aux implications écologiques fortes, dans lequel la jeune Ayla poursuit une quête initiatique âpre dont elle ressortira changée à jamais.
Comment s’est passée votre rencontre ? Comment s’organise votre collaboration sur ce projet ?
Séverine de la Croix : Notre rencontre ne s’est pas encore passée ah ah ! Pas physiquement, en tout cas. Violette vit en Belgique et moi dans les Pyrénées. C’est Thierry Joor, notre éditeur, qui nous a mis en relation. Je suis immédiatement tombée amoureuse des dessins de Violette quand, de son côté, elle est tombée amoureuse du scénario du Livre d’Ayla. Une visio a suffi à sceller notre collaboration. À présent, nous attendons la promo pour enfin nous rencontrer physiquement !
Violette Grabski : C’est exact, j’attends cette rencontre avec grande impatience !
Est-ce que la conception des mondes particulièrement riches de l’univers d’Ayla s’est faite très en amont du projet ou est ce qu’ils se sont construits au fil du récit ?
SDC : Quand j’écris, je n’ai jamais un visuel précis de ce que j’imagine. J’ai l’odeur, le goût, le toucher, l’ouïe mais pas la vue. Je peux sentir précisément mes personnages, mais pas les voir. Par exemple, pour Béatha, j’ai entendu sa voix tout au long de l’écriture du scénario. En revanche, je n’avais aucune idée de ce à quoi elle ressemblait. C’est Violette qui lui a donné un visage.
VG : À l’inverse de Séverine, je suis quelqu’un de très visuel. Dès que je lis, c’est comme si j’avais un film qui se déroulait dans ma tête. Malgré tout, je fais beaucoup de recherches avant de me lancer, j’aime avoir une base solide pour créer.
Vous portez toutes les deux un intérêt particulier pour cette période de l’enfance où tout semble possible. Pourquoi ?
SC : Les enfants s’émerveillent de tout, d’une statue égyptienne qui a traversé les siècles autant que d’une flaque d’eau. Comme eux, je ne veux pas perdre cette faculté à m’émerveiller et à croire tout ce que l’on me raconte. Je suis ma première lectrice, embarquée du haut de mes dix ans (même si je suis censée en avoir 38 ^^) dans des histoires dont je n’ai pas envie de revenir.
Il y aura une forte portée écologique au fil de ces trois futurs albums. C’était une évidence pour vous ?
SC : Je suis incapable de jeter un papier par terre ou de ne pas porter secours à un animal blessé alors j’imagine que oui ! Je ne suis pas très douée pour le jardinage, assurément parce que je passe tout mon temps à lire et à écrire. Toutefois, je sens au plus profond de moi le lien avec le vivant, végétal et animal. Je sens la connexion que mes ancêtres avaient avec la nature. Là est, selon moi, l’essentiel : dans ce lien, tout comme dans l’amour.
VG : En ayant grandi à la campagne aux abords d’une forêt, j’ai toujours été entourée par la nature et les animaux. Vouloir protéger et conserver le vivant me semble aussi naturel que de respirer. Avec l’actualité, il est important que cette thématique soit abordée dans les livres à destination des plus jeunes et les aider à garder cette connexion avec la nature pour qu’ils aient eux aussi envie de la protéger.
Si vous deviez faire partie d’un des cinq peuples primordiaux vous seriez mogaï, elfe, korrigan, sirène ou fée ? Et pourquoi ?
VC : Je ne suis pas une fêtarde donc assurément pas une elfe ahah ! J’ai beau boire des litres de thé comme les korrigans, ils ne sont pas assez aventureux pour moi. Les fées ont un trop mauvais caractère. Quant aux sirènes, je ne sais pas chanter ! Reste les mogaïs, et ce n’est pas pour rien qu’Ayla en est une. Comme pour elle, mon totem aurait sûrement été le cheval…
VG : Être un korrigan me conviendrait très bien pour ma part. Observer les étoiles en buvant ma camomille avec un livre pas loin et de temps en temps papoter avec un esprit, c’est presque la vie de rêve ahah ! En plus avec leur super fourrure, je suis certaine de ne jamais avoir froid !