La Nuit des Lanternes - Interview de Jean-Etienne
Jean-Étienne signe son tout premier album chez Delcourt, La Nuit des Lanternes. Nous vous proposons de découvrir les coulisses de sa création, entre inspirations personnelles et processus de travail.
La Nuit des Lanternes raconté par Jean-Etienne
Vous faites partie des gens qui n’ont jamais cessé de dessiner une fois sorti de l’enfance, à quel moment avez-vous décidé de vous lancer pour en faire votre métier ?
Jean-Etienne : Effectivement, je n’ai jamais arrêté de dessiner et d’étudier les BD de ma bibliothèque. La bande dessinée et le dessin prenaient tellement de place dans ma vie, que j’avais une amie qui pensait que j’en faisais déjà mon métier (rires). Après avoir perdu mon emploi suite à la pandémie du covid, je me suis dit que c’était le bon moment pour essayer d’être auteur de BD.
Même si vous signez votre premier album, le monde de la BD ne vous était pas non plus complètement inconnu.
Avant de signer mon premier album, j’ai participé à des fanzines et j'ai testé différentes choses sur internet comme du webtoon. J’ai fait aussi une année en Licence 3 "Les métiers de la Bande dessinée" à Amiens. En fin d’année d’étude, j’ai été plongé dans l’organisation de l’exposition de notre promo au festival de BD d’Amiens (Les rendez-vous de la bande dessinée).
On sent dans votre trait une filiation avec Mike Mignola, le créateur de Hellboy, vous avez d’autres influences ?
Tout à fait, je suis influencé aussi par les auteurs de comics comme Sean Gordon Murphy ou Chris Samnee. Le cinéma a une grande place aussi dans ma vie, je suis aussi influencé par les films de Guillermo Del Toro, Alien et autres films de monstres.
Dans La Nuit des Lanternes, l’intrigue se passe sur une ile, dans une petite ville avec un phare. Avez-vous été inspiré par un lieu en particulier ?
Lors de vacances, je suis allé à Carnac en Bretagne, ville connue pour ses alignements de mégalithes. Je trouvais qu’une ambiance fantastique et particulière s’en dégageaient. J’ai commencé à imaginer une île parsemée de mégalithes, plongée dans la nuit avec une entité qui rôde.
Sous le vernis d’histoire de monstre, il y a d’autres enjeux plus profonds qui traversent votre récit. Pouvez-vous nous en parler ?
J’aime les histoires avec des monstres car ils peuvent être des métaphores de plein de choses. Mais ça n’est que de jolies coquilles vides tant que l’on a rien à y mettre et puis… je suis devenu papa, ce qui m’a fait me poser plein de questions sur le manque de communication, les relations parents/enfants, ou même sur l’expression de certaines émotions.
Faire peur en BD, c’est pas un exercice facile. Pas plus que de mettre en scène un personnage muet. C’est courageux de s’y essayer pour son premier livre. Avez-vous rencontré des difficultés ?
J’ai digéré pas mal de codes de film fantastique/ horreur, donc je me suis amusé à en utiliser pour mon histoire. J’ai rencontré des difficultés à en adapter dans le format « page », certaines solutions sont venues d'elles-mêmes comme par exemple la « surprise » en page de gauche.
Pour le personnage muet, je m’étais donné deux règles : les expressions de son visage ainsi que de son corps devaient parler pour lui et vu qu’il communique aussi avec son téléphone, il ne devait faire que des phrases courtes et pas de grandes tirades.
Vous avez tout fait sur ce livre, scénario, dessin et couleurs, vous avez même pu aller chez l’imprimeur pour le calage. Alors ? Content de l’aventure ? Content de l’objet ?
Ça a été une super aventure. Que ce soit la rencontre avec mon éditeur, le suivi de la création de l’album. Un moment d’émotion à l’imprimerie, quand on voit son propre livre prendre « physiquement » vie. J’aime beaucoup l’objet final et cette dorure rouge sur la couverture m’emplît de joie.
Quels sont vos futurs projets ?
Je travaille sur un nouveau projet BD mais il est encore trop tôt pour savoir si ça va aboutir ou non.