Les 100 derniers jours d'Hitler - Entretien avec Jean-Pierre Pécau
L’impressionnant roman richement documenté de Jean Lopez, Les 100 derniers jours d’Hitler est enfin adapté en bande dessinée par le scénariste Jean-Pierre Pécau, grand spécialiste de récits uchroniques mais aussi purement historiques. Nous posons quelques questions aujourd’hui à l’historien.
D’où vient cette passion pour l’histoire ?
Sans doute de mes professeurs… d’histoire !! J’ai eu d’excellents profs qui m’ont inoculé le virus.
Est-ce vraiment différent d’écrire de l’uchronie ou de l’histoire ?
Non c’est la même chose, l’uchronie est une histoire test, un genre de laboratoire où l’on teste les possibilités à partir d’un point uchronique, mais dans la démarche il faut être aussi rigoureux que si on racontait la véritable histoire.
Pourquoi la guerre fascine-t-elle toujours autant ?
Difficile question, la guerre fait partie de l’ADN humain, même si on préfère l’oublier, on pensait jusqu’à une date récente que les premiers hommes du néolithique ne connaissaient pas la guerre et puis des découvertes récentes viennent de prouver le contraire.
Nos sociétés modernes pensaient avoir aboli la guerre avec la fin de l’affrontement des deux blocs durant la guerre froide on voit aujourd’hui malheureusement qu’il n’en était rien.
Quels sont les précautions à prendre pour traiter d’un tel sujet ?
Aucune précaution particulière si on respecte la vérité historique, évidemment si on commence à émettre des doutes sur la réalité de la destruction des juifs on tombe dans autre chose, ce n’est plus de l’histoire et c’est interdit pas la loi, heureusement. Après il est vrai que j’ai du mal à m’étendre sur les camps de concentration par exemple, le sujet est tellement grave, tellement particulier que j’aurai tendance à dire comme Claude Lanzmann qu’on ne doit pas en faire un sujet de roman ou de BD, c’est une limite que je m’impose.