Agrippine, nouvelle Reine de sang racontée et illustrée par Luca Blengino et Roberto Ali
Dans ce premier volet d’une nouvelle trilogie de la série Les Reines de Sang, Luca Blengino et Roberto Ali s’attaquent à la figure complexe et redoutable d’Agrippine.
Nouvelle souveraine à rejoindre cette collection dédiée aux femmes de pouvoir qui ont marqué l’Histoire, Agrippine se dévoile ici dans toute sa détermination, au cœur d’une Rome ravagée par les complots. Entretien avec les auteurs sur cette fresque historique où ambition, manipulation et survie se mêlent avec intensité.
Interview de Luca Blengino et Roberto Ali
Vous n’êtes pas à votre première collaboration, on connaît votre travail sur la série Les 7 Merveilles, 10 ans plus tard l’alchimie est toujours là ?
Luca Blengino : Euh, vraiment, 10 ans se sont déjà passées depuis l'époque de ce one-shot sur Les Jardins de Babylone ? Woah, on vieillit !
J'ai vraiment l'impression que tout ce temps n'a pas vraiment passé. Roberto et moi, nous sommes amis depuis longtemps, et pendant ces années, je l'ai toujours aidé un peu avec la communication et les traductions de ses travaux en France, 7 Nains écrit par Wilfrid Lupano chez Delcourt, puis le dyptique Le Masque aux Mille Larmes chez Dargaud, écrit par le maestro David Chauvel... bref, recommencer avec lui a été tout simplement... une continuation de notre collaboration.
Roberto Ali : Oui, c'est une collaboration parfaitement naturelle. Pas seulement parce que nous sommes partants sur le même genre d'histoire. Mais aussi parce que Luca et David Chauvel m'ont formé au marché franco-belge. J'admets que peut-être, je n'ai pas été le meilleur des élèves, mais je cherche toujours à m'améliorer.
Comment et pourquoi le choix s’est porté sur Agrippine ?
LB : J'ai vraiment du mal à imaginer une Reine de Sang plus... sanglante que Julia Agrippine la Jeune. Un personnage unique, qui a eu une vie d’une véritable épopée, quelqu'un qui a croisé et percé les vies d'au moins quatre Empereurs de Rome - Tibère, Caligula, Claude et Néron. Enfin... ce fut assez banal. Du moment où j'ai découvert que, tout simplement, personne ne l'avait pas encore prise en charge pour cette magnifique collection, j'ai levé la main et j'ai dit : « Me voilà, puis-je m'en occuper ? ».
Agrippine a déjà reçu les honneurs du 9e art dans la série Murena. Avez-vous tenté de vous en éloigner ?
LB : Forcément, nous n’avions pas trop le choix. Heureusement pour nous, dans le chef-d'œuvre de Dufaux, elle est un formidable personnage secondaire. Là, à notre petite échelle, nous avons fait de notre mieux pour la mettre sur le piédestal qu'elle mérite, en la rendant la protagoniste absolue, en choisissant sa voie et son point de vue pour raconter en trois tomes les 40 ans d'histoire romaine après la mort d'Auguste, le premier empereur de la Ville Éternelle...
RA : Murena est un véritable pilier de la BD historique. Impossible de ne pas le regarder pour tout un tas de raisons. Cependant, je crois que la figure de « notre » Agrippine se déplace considérablement. Je dirais qu'on l'a raconté sous une lumière différente, plus personnelle et intime. À travers le regard de la protagoniste, avec son point de vue.
Luca, après Les trois Julia, vous revenez aux Reines de sang, mais cette fois vous proposez un petit clin d’œil en plus qui inclura une autre série : Mésaline. Pouvez-vous nous expliquer ça ?
LB : Mon unique vrai talent, est évidemment celui de compliquer ma vie... :) Après avoir terminé Les 7 Merveilles, je m’étais juré que je n’allais plus jamais écrire une série concept en impliquant plusieurs dessinateurs, car c'est vraiment un truc assez long et compliqué à gérer. Mais bon, enfin... j'y suis retombé, à ce qu'il semble ! Voilà donc ce qui attendra les lecteurs de Delcourt pendant les prochains mois. À la rentrée sera publié le deuxième tome du triptyque d'Agrippine, mais cette fois l'album ne sera pas tout seul dans les librairies. Il sera accompagné par un one-shot dédié à Messaline et dessiné par Antonio Sarchione. Même période historique, même contexte, mais cette fois... par la perspective et la voix d'une autre très célèbre Reine de Sang : Valeria Messalina, qui était la belle-soeur d’Agrippine, et surtout sa rivale acharnée dans le défi pour placer ses propres fils à la tête de Rome. Bref, le but est de construire une sorte de "Rashomon" en sauce ancienne Rome. Mettre en scène le même récit par deux points de vue opposés, en laissant au lecteur de choisir qui avait raison. Pareil pour le tome 3 d’Agrippine qui sortira début 2026 : il sera accompagné par un one-shot dessiné par Riccardo Randazzo, et dédié à Poppée Sabine, l'épouse de Néron, le fils d'Agrippine et, encore une fois, sa rivale pour le pouvoir...
Quels sont vos futurs projets ?
LB : Un tas de BD pour le marché Franco-Belge, un tas de Comics pour le marché U.S., un tas de Fumetti pour le marché italien... et puis des jeux vidéo, des audio séries, quelques romans jeunesse... je suis un mec chanceux, j'ai plein de choses intéressantes à écrire pendant les prochains mois ! :)
RA : Je ne sais pas encore pour l'instant, mais sans doute, je veux encore travailler avec Luca à l'avenir, en raison de l'excellente collaboration entre nous, et du respect réciproque au travail et dans la vie.