Voir en HD


Depuis près de quinze ans, deux rapporteurs très spéciaux s'évertuent à rendre publique la vérité, toute la vérité, sur l'un des mystères les plus inquiétants de l'histoire de l'homme. Corbeyran et Richard Guérineau, sous couverture d'auteurs de bandes dessinées, rassemblent album après album les preuves que des êtres surnaturels, les Stryges, écrivent et contrôlent notre avenir... Vous pensiez n'avoir affaire qu'à une fiction trempée d'imaginaire ? Réveillez-vous : ils sont là et nous sommes en danger.





Depuis que l'homme est en mesure de raconter sa propre Histoire, depuis qu'il témoigne de ses expériences les plus heureuses ou les plus cruelles, il invite parfois dans ses aventures, nombre de créatures étranges aux forces et aux pouvoirs inhabituels. Qu'elles soient ailées ou recouvertes d'écailles, qu'elles dévorent les corps ou qu'elles protègent les âmes, qu'elles soient vénérées ou chassées, ces entités insondables nous inspirent parfois le respect, mais le plus souvent la terreur. Peu enclins à accepter une invérifiable vérité - la part sombre de notre existence - nous avons préféré au fil des âges abolir nos craintes en cloîtrant ces entités sous une forme littéraire, quasi encyclopédique, en les reléguant à l'état de légendes, symboles ou fantasmes : la mythologie. Pourtant, si certains monstres peuvent avoir été inventés par des esprits torturés ou malades, d'autres, trop souvent cités à travers le monde en des lieux et des époques éloignés, sont inéluctablement liés à l'humanité. Et c'est bien au sommet de la liste des êtres extraordinaires qui peuplent dans son ombre notre planète que s'élèvent les Stryges.

Selon toute vraisemblance, ces géants ailés aux habitudes vampiriques ont accepté depuis toujours de partager nos territoires. Mieux que cela, ils se sont contentés de se terrer dans des cavernes inaccessibles et de se dissimuler ainsi aux yeux du monde, n'intervenant qu'accidentellement dans notre évolution. Pourtant, aux alentours du second siècle de l'ère chrétienne, quelque chose a changé...



Kevin Nivek et Debrah Faith forment une équipe inattendue. Le premier, ex-responsable de la sécurité du Président des États- Unis, cherche à trouver l'origine de la maladie qui ronge son amie Melinda Chapman. La seconde, qui agit pour le compte d'une organisation secrète dont elle ignore les ambitions, est une tueuse impitoyable surnommée "l'Ombre". Ils n'ont a priori en commun qu'une rencontre furtive et indirecte avec une créature géante et ailée, aussi sombre que nos pires cauchemars et capable de renaître de ses cendres. Ensemble, ils dissèquent peu à peu une affaire complexe associant complots d'État, sociétés parallèles ou croyances ancestrales à une race d'humanoïdes manifestement supérieurs et immortels : les Stryges. Au-delà de leurs pouvoirs surhumains, la survie de ces êtres dont on ignore l'origine se révèle intimement dépendante de celle de l'humanité...

Telle est l'histoire que nous servent insidieusement les deux auteurs. Sous prétexte de nous divertir, ils incrustent dans nos inconscients à chaque nouvel épisode de nouveaux éléments, de nouvelles clés et de nouvelles preuves. Et contrairement à ce qu'ils affirment, nous en sommes certains aujourd'hui, ils n'inventent rien. Ils n'ont pour seule mission, résistant à leur propre peur, que celle de nous révéler avec prudence que derrière toute cette fumée il y a bien un feu...



Une série en trois saisons, chacune composée de six épisodes, quatre séries parallèles également imaginées en six épisodes, soit à terme 42 albums !

Telle est l'ampleur du travail exceptionnel entrepris par le duo Corbeyran-Guérineau, depuis leur initiation en 1995, à l'univers des Stryges. Au fil des ans, les deux auteurs rallient à leur cause une petite armée d'autres illuminés tels Michel Suro, Gregory Charlet, Horne, Marc Moreno, Alexis Sentenac, et... Guy Delcourt bien entendu.

Les mécanismes scénaristiques mis en oeuvre tout au long de la série sont des modèles du genre : chaque saison est déclinée selon une logique spécifique déterminée par la thématique globale qui y est développée.

Le premier cycle met en place la scène générale et introduit les catégories de personnages. L'ennemi annoncé est le Stryge. On distingue rapidement des groupes d'intérêts opposés dans la lutte contre cet ennemi commun : les hautes sphères politiques adoptent une stratégie d'alliances et d'accords, le réseau Crandl prône la lutte armée et l'élimination radicale, enfin l'empire Weltman choisit le contrôle scientifique et se focalise sur la manipulation génétique. Piégés par leur propre camp, Debrah et Kevin cherchent des réponses. Ils constituent le lien neutre entre tous ces groupes.

Dans le second cycle les véritables enjeux sont exposés tandis que les forces jusque-là équilibrées des différents partis s'effondrent. C'est le temps de l'analyse, de l'observation et des révélations. Weltman, immortel et schizophrène, s'avère être le grand architecte de toutes les oppositions, de tous les complots. Il n'avait qu'un seul but : mourir en confiant son pouvoir au seul être capable de faire face aux Stryges, un hybride, Debrah. Ce cycle repose essentiellement sur la réflexion, l'action pure y étant plus délétère. Il représente le calme avant la tempête et se termine sur un dessin pleine-planche extrêmement révélateur de cette tension qui atteint son paroxysme.

Évidemment, le troisième cycle débute par une explosion, comme dans le premier, annonçant que l'ultime mouvement est en marche. Il ne s'agit pas dans ce dernier acte de se poser des questions mais d'obtenir des réponses, par la force s'il le faut. On a vite fait de comprendre que l'équilibre des pouvoirs est rompu et que la nouvelle armée qui émerge, celle des hybrides, ne s'embarrassera pas de considérations morales. Dans ce premier épisode très judicieusement titré Pouvoirs, les auteurs formalisent en cinquante planches pas moins de cinq histoires parallèles, qui devront bientôt se croiser pour une apothéose que l'on imagine déjà explosive. Sept ans ont passé, les décors et les personnages ont changé : les locaux somptueux de Weltman se sont transformés en de sordides laboratoires souterrains, Nivek se contente du nettoyage d'un asile d'aliénés, Jill offre ses services à la mafia. Debrah que rien ne semble désormais pouvoir arrêter devra pourtant bientôt affronter un nouvel ennemi, un hybride comme elle mais dénué de toute raison : Austin "Sinner" Carson. La dernière saison du Chant des Stryges nous promet donc d'être plus sombre et plus vive que jamais...

Au-delà de l'envergure de l'univers unique construit pour cette saga moderne entre thriller et science-fiction, au-delà d'une créativité technique sans cesse renouvelée depuis près de quinze ans, et au-delà de son succès populaire indéniable, cette série mérite lecture et relectures minutieuses tant elle est riche d'intelligence. Il ne s'agit pas seulement dans Le Chant des Stryges de jouer de métaphores pour juger et condamner un monde manifestement malade, mais bien de proposer un regard étendu sur la nature humaine, son pouvoir, ses faiblesses, ses interrogations, son avenir. Soyez-y désormais un peu plus attentifs et des réponses vous recevrez.

 

Le Chant des Stryges a bénéficié d'un traitement BD vraiment innovant tant pour son approche scénaristique que pour ses choix graphiques.

Corbeyran et Richard Guérineau se sont conformés depuis le premier album à deux axes de créations techniques essentiels :

- Sur le fond, ils ont imaginé dès le départ un format idéal pour recevoir et développer leur récit : 3 cycles de 6 albums. En replaçant ce choix dans le contexte de l'économie de la bande dessinée du milieu des années 90, on admet facilement que les risques pris par les auteurs et par l'éditeur furent loin d'être anodins (à noter que Guy Delcourt s'était engagé dès le début de cette aventure sur ces 18 tomes). D'ailleurs, il faut attendre la parution du quatrième tome pour que le succès s'annonce enfin.

- Sur la forme, les auteurs se mettent d'accord sur un cadrage cinématographique pour une construction à la manière des récentes séries TV. Champs, contrechamps, plans américains ou gros plans, travelling, autant de solutions visuelles utilisées dans la série. Ici, on ne parle plus d'"albums" mais d'"épisodes", on ne dit plus un "cycle" mais une "saison".





Depuis près de quinze ans, ils ne révèlent que par petites touches l'effroyable vérité autour de l'existence des Stryges. C. et G. s'apprêtent enfin à nous livrer les dernières clés d'un mystère dont dépend l'avenir de l'humanité. Craignant pour leur propre vie, ils ont choisi de partager dans la plus grande discrétion une partie de leurs connaissances.

Mardi, 23h52 : un local austère au coeur de Bordeaux... C. et G. arrivent. Les visages sont tendus, le silence pesant. L'entretien peut commencer.

Comment êtes-vous entrés en contact avec les Stryges ?
C. : Hiver 95, à l'occasion d'un voyage à Paris et d'une promenade sur les quais de Seine, nous sommes tombés chez un bouquiniste sur un ouvrage pseudo-ésotérique qui nous a interpellés. Sous le titre Contact & Inducement, un certain Peter McKenzie, obscur scientifique anglais, avait publié au milieu des années 40 le résultat d'une vie de recherche consacrée à une créature mythologique : le Stryge. C'est à la lecture troublante de l'ouvrage que nous est venue l'idée de mener notre propre enquête par le biais détourné d'une bande dessinée.

Comment avez-vous réussi à convaincre un éditeur de vous suivre dans cette voie ?
G. : C'est vrai qu'à l'époque beaucoup nous ont dit que la création d'une histoire autour d'un mythe était très "tendance". Une remarque souvent chargée d'ironie ou d'un certain mépris.
C. : Si nous n'avons effectivement inventé ni le genre ni les thèmes qui s'y attachent, en revanche nous avons été les premiers à y apporter une accroche contemporaine. Notre véritable originalité aura été de développer cette série sous un angle cinématographique ou télévisuel.
G. : Nous avons d'ailleurs ensuite été suivis au cinéma et à la télévision par la sortie de films tels Underworld, Matrix, Dark Angel qui naviguent dans le même genre d'univers. D'ailleurs sur Les Stryges, il y a eu des tonnes de projets dérivés : jeux, film, animations etc. Aucun de ces projets n'a vu le jour, sans qu'on ne sache réellement pourquoi. Il existe bien une "malédiction" autour des Stryges...

Mercredi, 0h29 : G. s'allume nerveusement une cigarette...


S'il est impossible de faire évoluer une longue série BD contemporaine en s'attachant aux réalités de l'actualité de notre terre (on imagine le nombre de paramètres techniques propres à rendre cette démarche inutile), en revanche certaines tendances mondiales, politiques, économiques ou sociales jouent un rôle qui n'est pas négligeable. Initiée comme une aventure fantastique, cette réalité alternative créée par les auteurs pose d'une manière métaphorique quelques grandes questions de notre société qu'ils observent. Sans directement coller aux événements de l'actualité, ils subissent leurs influences. Ainsi, chaque saison du Chant des Stryges trouve sa logique dans la période de l'histoire humaine durant laquelle elle a été réalisée.

Dans la première saison, milieu des années 90, ce sont les théories du grand complot qui dominent : "Nous vivions une période où l'Ennemi n'était plus vraiment identifiable. Du coup les doutes se portaient sur des ennemis de l'intérieur, les sociétés occultes, les lobbys financiers, Big Brother, les complots d'État...", explique Richard Guérineau.

Le début du XXIe siècle est évidement marqué par le 11 Septembre qui redonne à tout l'Occident un ennemi concret, identifiable. Ce début de millénaire est également très marqué par la place prépondérante que prend l'économie dans nos sociétés. C'est dans ce contexte qu'est réalisé le second volet de la série. Les pouvoirs économiques et industriels de Sandor G. Weltman alias Crandl sont ses armes principales de lutte contre les Stryges. Son empire financier n'est pas sans rappeler le développement et parfois la déchéance de certains géants industriels apparus dans ces années-là.

Enfin, l'ultime saison débute fin 2011 en Russie, pays au coeur de beaucoup de nos interrogations, par le démantèlement par Debrah de l'empire Weltman au profit d'un recentrage sur le genre humain. Peut-être peut-on y déceler une vision d'espoir sur notre avenir.
  Qu'est-ce qu'un Stryge ?
G. : Nous en avons donné une définition au cours de la première saison : "Nul n'a encore trouvé le moyen d'approcher ces êtres invulnérables sans succomber à leur chant ou à leur baiser d'oubli... Car les Stryges sont vampires et quiconque les croise en vient à douter de sa propre peur... Car les Stryges sont sirènes et quiconque les écoute meurt..."
C. : Métaphoriquement, les Stryges représentent les aspects sombres de notre manque de connaissance. Ils sont un prisme à travers lequel nous essayons de répondre aux questions fondamentales les plus angoissantes de notre existence : genèse, sens, devenir. Ils personnifient en quelque sorte cette terreur inhérente à chaque être humain, cette peur viscérale de l'inconnu, celle de ne pas "savoir".
G. : L'homme a toujours créé des mythes pour expliquer ce qu'il n'arrive pas à justifier. Bien que les Stryges existent, nous avons choisi d'accentuer dans la BD leur apparence chimérique. Nous nous sommes inspirés d'un très grand nombre de créatures mythiques parfois très anciennes et d'origines géographiques multiples. C'est un choix délibéré pour offrir une vision plus étendue de la manière dont fonctionne en réalité notre monde.

Depuis la nuit des temps, les Stryges écrivent notre histoire (passée, présente, future), confondant nos ères et influençant notre avenir. Mais y a-t-il quelque chose ou quelqu'un qui les contrôle ?
C. et G. se regardent, manifestement inquiets...
C. : C'est une question à laquelle nous devrons répondre... Pas tout de suite, le monde n'est pas encore prêt.


Doit-on protéger, combattre ou ignorer les Stryges ?
G. : C'est finalement la question que pose tout grand problème de société. Quand on évoque des sujets aussi délicats que la religion, l'économie de marché ou le terrorisme, nos choix intellectuels et éventuellement nos engagements dépendent du côté de la balance où on se situe. Notre libre arbitre est en fait lié à nos expériences de vie. L'ambigüité même des Stryges illustre parfaitement ça. Sont-ils bons ? Sont-ils mauvais ?
C. : Tout est question d'angle de vue. Dans les années 60 par exemple, certains illustres philosophes tels que Sartre ou Camus faisaient l'apologie de la lutte armée, en particulier du terrorisme, comme "arme des pauvres". Ils avançaient alors des arguments très défendables bien que "choquants". Dans l'absolu, chacun choisit son camp mais personne ne peut affirmer être dans le bon.


L'un des thèmes récurrents de la série touche à la manipulation génétique...
C. : Plus personne n'ignore que dans les laboratoires de Sandor G. Weltman se déroulaient des expériences à très hauts risques autour de manipulations génétiques. Le principal sujet d'étude était l'ADN des Stryges. Nous avons même émis l'hypothèse que certains fléaux comme Ebola ou le VIH avaient pu voir le jour dans ces laboratoires. Nous ne sommes pas en mesure de le prouver. À chacun de se faire son opinion.

En quoi l'ADN constitue-t-il un enjeu pour la sauvegarde de l'humanité ?
C. : L'ADN est cette molécule présente dans toute cellule vivante et dont le rôle est de transporter à travers le temps toute l'information de son patrimoine génétique. Elle est notre mémoire, notre témoin, notre promesse d'éternité car nous ne sommes pour elle qu'un réceptacle, un véhicule modelé par ses soins.
G. : La plus ancienne intelligence de survie que l'on connaisse est bien celle de l'ADN dont l'un des rôles consiste à permettre la réplication infinie des cellules. Si des espèces terrestres importantes ont disparu au fil de notre histoire, l'ADN continue à exister. Il est le garant de la vie sur terre.

Mercredi, 2h06 : Alors que nous nous apprêtons à aborder le premier épisode de cette troisième saison, C., prétextant un malaise, exige une pause...

Mercredi, 2h31: La discussion reprend.

Cette nouvelle saison annonce l'ère des hybrides...
G. : Dans Le Clan des Chimères, nous racontions l'histoire d'Abeau et Cylinia, les premiers hybrides. Nous y expliquions également la scission que ce mélange des espèces avait provoquée dans la communauté stryge. En effet, pour éviter l'extinction de leur race, certains Stryges ont imaginé l'hybridation (c'est-à-dire le mélange des ADN humain et stryge) comme l'unique perspective. Mais d'autres Stryges plus conservateurs ont affirmé que ce mélange contre nature allait à l'encontre de l'ordre des choses. Ces derniers font reposer tous leurs espoirs sur Sandor G. Weltman, auquel ils ont confié la mission de les guérir de leur malédiction (celle de ne plus pouvoir se reproduire).
C. : Comme nous le montrons dans ce premier épisode, beaucoup d'expériences d'hybridation se sont déroulées à travers les siècles. Certaines n'ont pas réussi (on aperçoit des bocaux contenant des créatures déformées). Certaines cependant ont abouti à l'émergence d'une créature vivante douée de pouvoirs exceptionnels.

Mais de ces hybrides dont les enveloppes charnelles se sont avérées viables, personne n'a pu contrôler la normalité de l'état intellectuel ou psychologique.


Avec l'arrivée d'Austin "Sinner" Carson, on commence concrètement à l'imaginer. Cette "créature" est effrayante...
C. : Lorsque tu observes les agissements de Debrah, dont Sandor G. Weltman a révélé à la fin de la deuxième saison qu'elle est une hybride, tu te rends compte qu'elle est aussi psychopathe que Carson. Elle est bigrement dangereuse et dénuée de tout sens moral. Sans dévoiler les détails de leur future relation, on peut déjà souligner qu'au fond ils sont de même nature.
G. : Nous savons l'attirance que l'on peut ressentir pour Debrah, elle est du même ordre que celle pour la femme fatale d'un film noir. Mais il faut garder en tête qu'elle n'a pas clairement choisi son camp et qu'on ignore encore ses objectifs : avec ou contre les Stryges, pour ou contre l'humanité.
C. : Elle est un objet de fascination derrière lequel se cache un piège dans lequel tout le monde tombe. Sa personnalité, sa froideur, sa force sont autant d'éléments qui attirent parce qu'ils sont à craindre. Ceci dit, il est clair que Carson est un vrai barjot.

Jill, l'autre personnage féminin de la série, tire également partie de ses nouvelles capacités et peut s'avérer dangereuse, elle aussi...
C. : La grande différence tient dans le fait que Jill n'est pas une hybride. Elle a juste hérité de ses nouveaux pouvoirs. Elle est donc beaucoup plus influencée par son histoire personnelle, par ses problèmes très humains. Elle a des considérations morales et psychologiques beaucoup plus terre à terre. D'ailleurs ses exactions dans ce premier épisode démontrent à quel point son humanité la mène finalement à sa perte. Elle passe d'un problème (sa maladie provoquée par une morsure de Stryge) à un autre (son nouvel état). On sent qu'elle ne peut pas s'en sortir.
G. : Elle est quasiment dans la même situation que Weltman, hormis le fait qu'il avait reçu une mission de la part des Stryges et qu'il avait donc un objectif. Jill, elle, n'en a pas. Elle ignore totalement où elle va, elle est perdue. A quoi bon être immortel si tu n'as pas d'avenir ? Au regard de ce qui est arrivé à Weltman, on peut déjà s'interroger sur ce qu'il adviendra de Jill.

Mercredi, 4h17 : G. froisse son paquet de cigarettes vide. Les deux hommes semblent épuisés...

Le fameux Contact & Inducement est-il toujours d'actualité dans cette nouvelle saison ?
C. : Les recherches de McKenzie sont prépondérantes dans l'origine de la série et dans notre démarche. Son ouvrage est le lien, et quasiment la seule arme dont disposaient jusqu'à présent nos personnages pour lutter contre les Stryges. Mais les considérations et les moyens des différents protagonistes ont changé. La mise en exergue des rapports de force, et les méthodes de lutte se portent désormais sur d'autres plans, d'autres niveaux d'action. Le livre annonçait la genèse et nous n'en sommes plus là...

La troisième saison débute sept ans après les derniers événements. Nivek semble le seul personnage à ne s'être jamais relevé.
G. : Il ne faut pas oublier, même si c'était pour une bonne cause, qu'il a trahi Debrah il y a sept ans ! Il est logique qu'elle s'en soit éloignée. D'autre part, il n'est plus impliqué directement dans ce combat. Il n'a pas été mordu par un Stryge et ne bénéficie d'aucun pouvoir. Son unique objectif, sauver Melinda Chapman, s'est soldé par un échec.
C. : Il faut reconnaitre que pour le moment, ce mec est un looser. Depuis le début de la série, il n'arrête pas de tout perdre : son boulot, ses contacts, sa nana et même ses compagnons de résistance. D'ailleurs, pour cette nouvelle saison, il a même perdu son physique de jeune premier !



Allons-nous découvrir dans cette saison de nouveaux hybrides ?
C. : Compte tenu de notre format, et compte tenu que cette saison sera bien la dernière, nous allons limiter l'apparition de ces créatures. L'idée étant plutôt d'expliquer qu'il en existe un nombre inconnu, qu'ils n'utilisent pas leurs pouvoirs pour les mêmes raisons, qu'ils n'ont pas tous les mêmes ambitions ni les mêmes objectifs. S'ils sont destinés à former des groupes, on ignore encore si c'est pour la sauvegarde ou pour la fin de l'humanité.

Ce premier épisode de la saison 3 est construit sur un mode plus vif, plus nerveux que les précédents. Débutent plusieurs aventures parallèles : celle de Kevin Nivek sortant de sa retraite, celle de Jill qui possède désormais un pouvoir de régénération, celle du psychopathe Austin "Sinner" Carson, et toujours celle d'Abeau et Cylinia, frère et soeur immortels... Quel est donc le niveau d'urgence ? Est-il en rapport avec la situation réelle mondiale ?
C. et G. : (...)

Mercredi, 5h08 : C'était la question de trop... C. et G., très agités, mettent fin à l'entretien et disparaissent brusquement, nous laissant le soin de répondre nous-mêmes à cette terrible interrogation. Dehors le jour ne s'est pas encore levé...

* Nous ne sommes pas en mesure de retranscrire ici la totalité de l'entretien, une grande partie des révélations obtenues ont été classées "SECRET-DÉFENSE". À chacun d'entre vous de mener dès à présent sa propre enquête.


 

On ignore tout de la véritable origine des Stryges et il nous est impossible d'estimer le temps qu'ils ont déjà passé sur notre terre. En revanche, leur omniprésence est observée depuis l'aube de l'humanité. Certains témoignages historiquement indiscutables constituent des preuves irréfutables de leur existence :

• Le poète latin Ovide : "Il existe des oiseaux voraces, à la tête énorme, aux yeux fixes, au bec aiguisé pour la rapine : leurs plumes sont blanches et leurs serres crochues. On dit qu'ils déchirent les entrailles de ceux qui ne se sont encore nourris que de lait et qu'ils aiment à s'enivrer de leur sang. On les nomme Stryges à cause du cri sinistre dont ils épouvantent la nuit." (Fastes, Livre IV).
• Dans son Satiricon, Pétrone décrit des créatures qui dérobent les cadavres des jeunes hommes et les remplacent par des mannequins de paille : "Les Stryges avaient volé l'enfant et avaient mis à sa place une marionnette de paille."
• Pline l'Ancien affirme quant à lui son incrédulité en écrivant dans son Histoire naturelle : "Je considère en effet comme une fable ce qu'on dit des Stryges : qu'elles traient le lait de leurs mamelles entre les lèvres des enfants... Stryge est une injure déjà ancienne, mais je ne puis déterminer quel est cet oiseau."
• Une loi salique datant du IVe siècle se montre très claire : "Si quelqu'un a traité à voix haute une femme de Stryge ou de prostituée sans pouvoir le prouver, il sera condamné à une amende de 2500 deniers... Si une Stryge a dévoré un homme et qu'elle en est convaincue, elle sera condamnée à payer 8000 deniers."
• Charlemagne lui-même fit condamner à mort des Saxons qui avaient brulé des hommes et des femmes accusés d'être des Stryges.

Il faut attendre le XIXe siècle pour que le Stryge face l'objet de créations artistiques incontournables :

• Victor Hugo s'en inspire dans Notre-Dame de Paris.
• Les peintres Charles-François Daubigny et Charles Meryon en offrent des représentations picturales saisissantes.
• L'architecte Eugène Viollet-le-Duc, chargé de la rénovation de Notre-Dame de Paris, dessine entre autres gargouilles un Stryge qui trône aujourd'hui encore au sommet de la cathédrale. Ce Stryge est d'ailleurs immortalisé par le photographe Charles Nègre qui en impose une composition en noir et blanc fascinante







Adémar de Hauteterre convoite le domaine de son cousin, Payen de Roquebrune. Pendant le siège du château, Gwenaldren, l'épouse de Payen, accouche de son premier bébé, avec l'aide de Smerald, la guérisseuse. Sitôt l'enfant mis au monde, Smerald exige un paiement "en nature". Tandis que la sorcière et le châtelain s'unissent charnellement, le bébé est arraché à son berceau par d'étranges créatures ailées, qui abandonnent à sa place un changelin. Sept ans plus tard, élevé par les fées, le véritable Abeau est sur le point d'être sacrifié sur l'autel du Clan des Chimères... PAR CORBEYRAN & SURO, SÉRIE COMPLÈTE EN 6 TOMES






1751 - Quelques décennies avant la Révolution française, un vent d'idées nouvelles souffle à travers l'Europe. Un vent de progrès et de liberté... Mais au coeur de ce Siècle des Lumières, la découverte d'une étrange météorite à l'autre bout du monde ravive de vieux antagonismes. Au service du cardinal d'Orcières, Cylinia et Abeau de Roquebrune se lancent alors aux trousses du baron d'Holbach, philosophe et encyclopédiste éclairé, qu'ils soupçonnent d'être l'insaisissable Sandor G. Weltman. Cette traque se double d'une lutte acharnée pour la possession de cette pierre aux mystérieux pouvoirs...
PAR CORBEYRAN & SURO, 3 TOMES PARUS.






Kyle McAllister, maître de jeu réputé, a été recruté par une importante société pour tester un jeu de rôle avant sa commercialisation. À son tour, il recrute trois "rôlistes" émérites qu'il entraîne sur une petite île, au large de la Bretagne, pour jouer en toute tranquillité. Ce que tous ignorent, c'est qu'au début du XIXe siècle, cette île a été le théâtre de sanglants événements auxquels furent mêlés d'étranges êtres ailés. Village fantôme, grimoire et rituels magiques, créatures inquiétantes, meurtres et manipulations sont au programme de ce thriller passionnant. PAR CORBEYRAN & CHARLET + HORNE, SÉRIE COMPLÈTE EN 6 TOMES







Né à Marseille en 1964, Corbeyran s'installe à Bordeaux en 87. Passionné d'images fixes, éclectique et curieux, il publie son premier scénario de bande dessinée il y a tout juste vingt ans et développe, au fil des années et des rencontres, de nombreux univers dans des genres très variés : thriller, aventure, fantastique, anticipation, science-fiction, steampunk, heroïc fantasy, polar, récits intimistes, humour, jeunesse... À la fin des années 90, avec son complice Richard Guérineau, il crée Le Chant des Stryges pour les éditions Delcourt. Intense, survitaminée et addictive, la série renouvelle totalement le genre thriller fantastique en BD. Le succès est foudroyant et lui permet très vite d'élargir l'horizon de la saga avec des spin-off spectaculaires : Le Clan des Chimères, Le Maître de jeu et Le Siècle des ombres. Au cours des années 2000, sa collaboration avec les éditions Delcourt se consolide et le succès se confirme avec de nombreuses séries marquantes, dont Le Régulateur, Weëna, Asphodèle et Le Territoire. Après avoir été nommé à Angoulême pour le meilleur album (Lie-de-Vin) et reçu de nombreuses distinctions nationales (Prix des Libraires, Prix Interfestival...) et internationales (Suisse, Portugal, Japon...), Corbeyran est récompensé en 2005 par le Prix Jacques Lob, pour l'ensemble de son oeuvre. En 2008, le public découvre et plébiscite Uchronies (Glénat), un ambitieux concept sur le thème de la réalité. Fin 2009, il signe le deuxième opus de la collection XIII mystery (Dargaud) et adapte en BD le cultissime jeu vidéo Assassin's Creed (Ubisoft). En 2010, en collaboration avec Espé, il adapte 7 jours pour une éternité (Casterman), le best-seller du romancier Marc Levy, et entame la troisième et dernière saison du Chant des Stryges, sa série fétiche.   Né en 1969, Richard Guérineau, après un baccalauréat scientifi que, opte pour des études d'arts plastiques. Dès 1991, grâce à un concours de jeunes talents, il rencontre un jeune scénariste promis à une très active carrière : Corbeyran. Ensemble, les deux auteurs signent chez Dargaud la série L'As de Pique. Après avoir bouclé cette trilogie (rééditée en intégrale chez Delcourt), Corbeyran et Guérineau entament en 1997 une nouvelle saga, plus contemporaine et porteuse de mystères : Le Chant des Stryges est né ! Le succès ne se faisant pas attendre, Guérineau accompagne Corbeyran dans la création des séries dérivées au cycle principal : Le Maître de jeu, Le Clan des Chimères, Le Siècle des ombres, jusqu'à le seconder au scénario d'une de ses autres séries dessinée par Defali, Asphodèle, dont certains tomes font également intervenir les désormais célèbres Stryges. Richard et Corbeyran ont également co-scénarisé la trilogie Le Syndrôme de Hyde, dessinée par Defali, dont l'ultime volume paraît en septembre 2010. Ayant participé au collectif Paroles de Taulards (1999) coordonné par Corbeyran, Richard Guérineau se consacre quasi exclusivement à la création graphique du Chant des Stryges. Il s'octroie toutefois quelques pauses en dessinant notamment Après la nuit, un western tout en ambiances co-écrit avec Henri Meunier. Ce même duo a également relevé le défi du Casse en proposant Le Troisième Jour, paru en mars 2010. Avec Le Chant des Stryges, Richard Guérineau s'est révélé comme un excellent dessinateur de scènes contemporaines aux cadrages cinématographiques, dynamiques et audacieux. Plus que cinq tomes pour compléter cet époustouflant thriller aux frontières du réel et du mystérieux !



www.stryges.com

Le site de fans.
Une référence.
 
Acheter le tome 15 en ligne :

  




  © Guy Delcourt Productions - Corbeyran, Guerineau