Golden City 7 - Page 6

[Scénario]    [Planche finale]

CASE 1 : Insert sur la gauche de la case 2. Plan taille de Mifa de 3/4 face. Elle s’adresse à Banks (hors champ, vers nous). Elle a un petit sourire nostalgique car elle se remémore le passé.

MIFA : Par hasard !…Après la mort de ma mère, j’ai été recueillie par ma grand-mère. C’était une femme d’une grande bonté. Elle m’a aidée à surmonter mon chagrin. Elle était pauvre, mais elle travaillait dur pour me nourrir et payer mes études. Je l’aimais beaucoup…

CASE 2 : Début du flash-back. Plan large. Neuf ans auparavant. L’action se déroule près du village dans lequel vivait la grand-mère de Mifa, c’est-à-dire dans le village déjà vu dans le tome 5, page 18. Près de ce village, il y a de petits jardins potagers (genre jardins ouvriers d’aujourd’hui) que cultivent les gens du village. Chacun possède sa parcelle de terrain cultivable avec une petite cabane en bois vétuste pour ranger les outils et le matériel de jardinage.
La grand-mère de Mifa cultive sa propre parcelle. On la voit ici en train de bêcher un coin de terre avant d’y semer des légumes. Près d’elle, Mifa arrose des plants de tomates à l’aide d’un gros et vieil arrosoir en fer. Mifa a 7 ans. La scène se déroule le matin. Soleil avec nuages blancs.

MIFA : Dis, mamy…Où ils vivent, les morts ?

GRAND-MERE : Au ciel. Avec le bon Dieu.

MIFA : Maman aussi, elle est au ciel ?

GRAND-MERE : Bien sûr !

CASE 3 : Plan rapproché cadré en légère plongée. Tout en arrosant les plants de tomates, Mifa lève les yeux vers le ciel. Sa grand-mère continue à retourner la terre à l’aide de la bêche.

MIFA : Elle doit être cachée derrière les nuages, alors, parce que je la vois pas !

GRAND-MERE : Oui, mais elle, elle te voit. Et elle veille sur toi à chaque instant !…Tu sais ce qu’elle pense en ce moment ?

MIFA : Non !…Quoi ?

CASE 4 : Plan rapproché de la grand-mère qui s’arrête un moment de bêcher pour s’éponger ( d’un revers de main ou à l’aide d’un mouchoir) son front trempé de sueur. Elle s’adresse gentiment à Mifa (hors champ).

GRAND-MERE : Eh bien, elle se dit : j’espère que ma petite fille va bien travailler à l’école pour avoir un bon métier plus tard !…Comme ça, elle ne manquera pas d’argent !…Et les légumes, elle ira les acheter chez l’épicier au lieu de se briser les reins à cultiver la terre !

CASE 5 : Plan élargi. Mifa a fini d’arroser les tomates. Elle pose par terre son arrosoir vide. Sa grand-mère recommence à retourner la terre à l’aide de la bêche.

MIFA : Comment tu sais qu’elle pense ça ?

GRAND-MERE : C’est mon petit doigt qui me l’a dit…

MIFA : Le mien, il me dit jamais rien !

GRAND-MERE : Il te parlera plus tard, quand tu seras grande…En attendant, va donner à manger aux lapins, ma chérie !

CASE 6 : Plan rapproché. Mifa donne à manger aux lapins. Ils sont enfermés dans de vieux clapiers en bois, à l’ombre d’un arbuste dans un coin du jardin potager. Mifa a ouvert la porte grillagée d’un des clapiers et elle donne des feuilles de salade et des épluchures de carottes aux lapins affamés. Inscrire dans un cartouche sur la gauche de la case le récitatif dit par Mifa.

RECITATIF MIFA : « J’étais heureuse et je croyais que cela durerait toujours. Mais les grands-mères, c’est fragile… »

CASE 7 : Un mois plus tard. Plan large. Fin d’après-midi ensoleillé. Mifa rentre de l’école. Elle porte d’autres vêtements que ceux qu’elle portait dans les cases précédentes. Son cartable à la main, elle grimpe quatre à quatre l’escalier en bois qui mène à la maison de sa grand-mère. Cette maison est construite dans un arbre comme dans le tome 5, page 18. Un large sourire aux lèvres, Mifa appelle joyeusement sa grand-mère (hors champ).

MIFA : Mamy !…Mamy !…Je suis première à l’école !

CASE 8 : Insert sur la gauche de la case 9. Plan américain de Mifa, cadrée de face ou 3/4 face. Elle s’est immobilisée sur le pas de la porte. Son cartable au bout du bras, elle ne sourit plus. Elle regarde d’un air incrédule et affolé en direction de sa grand-mère (hors champ, à l’intérieur de la maison).

CASE 9 : Plan élargi. Contrechamp. La grand-mère de Mifa est décédée. Elle est allongée, yeux clos, sur le dos, sur son lit. Elle porte les mêmes vêtements que ceux qu’elle portait dans les cases précédentes. Un voisin et une voisine sont venus veiller la défunte.
Ils ont allumé des bougies et se recueillent en silence, debout près du lit. Ils se retournent vers Mifa, debout sur le pas de la porte, son cartable au bout du bras, immobile, comme pétrifiée. Elle est visible au premier plan, de 3/4 dos. Elle regarde en direction de sa grand-mère. La voisine s’adresse doucement et gentiment à Mifa.

VOISINE : Elle est partie rejoindre ta maman…