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DIMIER Appel intellectuels

DIMIER, Louis, L’Appel des intellectuels allemands, Nouvelle Librairie Nationale, 3e mille augmenté – 1914

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L’Appel des intellectuels allemands

L’Appel que les intellectuels allemands se sont vantés d’adresser au monde civilisé, signant au nombre de quatre-vingt-treize l’apologie de la guerre menée par leur nation contre une partie de l’Europe, mérite d’être conservé. D’abord nous avons dans cet appel ce que l’Allemagne savante a pensé nous opposer de plus fort. De plus, les sentiments qui se peignent dans ce document, les idées qui s’y font jour, l’intention qui l’a dicté, la confiance qui l’inspire, composent un parfait portrait des sphères intellectuelles allemandes. En possédant ce document dans un livre, le lecteur sera mis à même de conserver une peinture fidèle de l’Allemagne intellectuelle, en même temps que le résumé des arguments qu’elle nous oppose. Pour bien marquer le premier objet j’ai cru utile de joindre à cette pièce une préface où se trouvent dégagés les traits de l’Allemagne oratoire et savante ; quant aux arguments, on les trouvera repris et examinés en détail dans la réfutation qui fait suite à l’Appel. Cette réfutation était indispensable. Quelques personnes diront peut-être que la protestation exprimée dans l’Appel se détruit par sa propre faiblesse, par le défaut complet de preuves, par la gratuité ingénue des dénégations qu’elle étale. En France, le morceau ne saurait recevoir d’autre accueil que le mépris. Mais il n’est pas destiné qu’à nous. Quelque mépris qu’en fassent également nos alliés, il y a les nations neutres, à qui la protestation s’adresse. Il y a la Suisse, l’Italie, la Hollande, le Danemark, la Suède, les Etats-Unis. Nous sommes mauvais juges de l’effet que la protestation peut produire chez ces différentes nations, où les faits contestés par elle sont moins connus, où le témoignage allemand peut paraître moins suspect, où son mode d’expression peut trouver plus d’écho dans les dispositions et les mœurs. Pour nous défendre de ce côté, le simple mépris ne peut suffire. Aussi voit-on que nos Académies ne se sont pas crues dispensées de répondre. Elles l’ont fait, il est vrai, en termes brefs : l’Académie Française avec une netteté et une justesse particulières. Les ripostes émanées de la Sorbonne et de nos Universités, ont donné plus d’explication. Surtout celle de l’Université catholique de Paris a porté haut l’honneur de la défense française, par la lucidité de l’exposition, l’élévation du point de vue, l’autorité du blâme et des condamnations. Comme réfutation de l’Appel, j’aurais pu donner ces différentes réponses, ou extraire ce qu’elles ont de plus direct ou de plus fort. J’ai cru ne pas manquer à la considération qu’elles méritent, en reprenant l’œuvre sur nouveaux frais et en la poussant à un plus grand détail que ces réponses elles-mêmes n’ont fait. La réponse qu’on trouvera ici est divisée en articles qui correspondent à chacun de ceux dont l’Appel lui-même est composé. A chacun de ces articles elle oppose des faits précis, et des textes formels tirés des documents diplomatiques ou de témoignages qui font foi. Les démonstrations qui s’ensuivent valent donc pour n’importe quel lecteur, appartenant à n’importe quel pays. Puisse ce petit livre ainsi conçu servir utilement la France. Puisse-t-il, tandis qu’une jeunesse héroïque verse son sang sur les champs de bataille, témoigner, de la part de ceux qui furent ses maîtres, un zèle égal pour la patrie. Tous les jours les lettres que ces jeunes gens nous écrivent montrent à quel point leur vaillance demeure associée aux efforts menés dans le domaine de l’esprit pour le rétablissement de la grandeur française. Puissent les lignes qu’on va lire travailler dans ce domaine au salut commun.

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ajouté le samedi 3 novembre 2007, par David V