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BENOIST-MECHIN Armée

BENOIST-MECHIN, L’Histoire de l’Armée allemande, 1918-1946, I, II, Albin-Michel – 1936-1938, éd. 1964.

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Publié à partir de 1936, l’Histoire de l’armée allemande de Jacques Benoist-Méchin constitue un classique sans lequel il est difficile de comprendre l’évolution de notre voisin d’outre-Rhin de 1918 à 1939, son inquiétante renaissance qui aboutira à un nouvel embrasement du monde. En fait ici l’Armée ne sert que de fil conducteur, dans la mesure où elle a été tout au long de ces années-là le mythe unificateur en l’absence duquel l’ancien empire de Guillaume. Il se serait probablement effondré. Avec la rigueur de l’historien mais aussi le talent que chacun s’accorde à lui reconnaître, Benoist-Méchin fait revivre de manière magistrale dans ce premier volume - qui couvre la période de 1918 à 1937 - les débuts dramatiques de la République de Weimar et en particulier l’affrontement entre les Spartakistes et les Corps Francs. En contrepoint, l’auteur montre avec quelle habileté Adolf Hitler sut canaliser à son profit ce formidable déchaînement de passions et de rivalités.
Œuvre engagée ? Certes. Membre du gouvernement de Vichy de 1940 à 1944, partisan d’une politique de collaboration avec l’Allemagne, condamné à mort en 1947, puis gracié, Benoist-Méchin n’est pas totalement neutre. En 1945, le général de Gaule fera pourtant commander une centaine d’exemplaires de cet ouvrage, le jugeant indispensable à la formation des élèves de l’Ecole de Guerre.

Dans ce second volume de l’Histoire de l’armée allemande, Jacques Benoist-Méchin évoque les années 1937-1938-1939- durant lesquelles Adolf Hitler, chancelier du Reich depuis 1933, prépara la guerre en remilitarisant à outrance son pays et en mettant en place l’Axe Berlin-Rome-Tokyo, vite menaçant pour les démocraties. Les desseins du Führer se situant dès lors à l’échelle planétaire, dans l’optique d’une expansion à tout prix, justifiée par la fameuse théorie de l’espace vital, l’horizon fatalement change. Soudain les perspectives s’élargissent pour englober les régions qui, de 1939 à 1945 vont devenir les théâtres d’opérations du second conflit mondial. Afin de faire sentir la complexité et l’ampleur de la conflagration qui s’annonce, l’historien nous promène en Extrême-Orient, en Afrique et en U.R.S.S., décrivant de main de maître les jeux respectifs des puissances de l’Axe et de celles du camp adverse. Peu à peu, sous sa plume, toutes les pièces du puzzle se rassemblent ; le 1er septembre 1939, lorsque Hitler attaque la Pologne, la situation apparaît avec une aveuglante clarté. Ainsi se clôt cette fresque sans égale saluée comme un chef-d’œuvre par ceux-là même qui ne partagèrent pas les options de Benoist-Méchin pendant la guerre.

Source éditeur (Ed. en 2 vol., Laffont – coll. Bouquins)

ajouté le jeudi 4 octobre 2007, par David V