Franz Zumstein, il s'agit de votre première série en bande dessinée…
Non, j'ai déjà publié en Suisse allemande une série intitulée "Die Himmelsstürmer" (Les conquérants du ciel) sur l'histoire d'une fille et de garçons pilotes qui font des voyages temporels. La série a connut un franc succès après une prépublication dans un grand hebdomadaire. Le Faucon du désert est ma première série que je réalise à destination d'un public plus adulte et avec une dimension plus internationale.
Pouvez-vous nous raconter l'idée principale de ce récit ?
Je voulais créer une histoire avec des avions de la seconde guerre mondiale en prenant comme personnage principal un jeune homme "ordinaire" plutôt qu'un héros classique qui connaît et peut appréhender le contexte militaire de la guerre. Il s'agit d'Ali, un jeune Libyen qui admire les avions et leurs pilotes et qui devient à son tour pilote de guerre. Mais, ses rêves d'héroïsme se perdront vite dès qu'il devra abattre son premier ennemi. Contrairement aux autres jeunes pilotes, il se sent l'âme d'un assassin. Outre cette trame principale, il y a une histoire d'amour et une histoire de famille, due aux origines d'Ali.
Justement, pourquoi avoir donné naissance à un héros d'origine germano-italienne ?
L'important, c'est qu'il soit d'origine internationale. Il pourrait tout aussi bien être mi-russe, mi-français ou même suisse. La quête des racines familiales est l'occasion donnée au jeune Ali pour démarrer une odyssée à travers l'Europe : les circonstances vont l'obliger à se battre pour plusieurs nations et sur d'autres théâtres de la guerre de l'air. Cela m'offre aussi la possibilité d'exposer la folie de la guerre et, j'avoue, de dessiner le plus grand nombre d'avions divers !
D'où vient cette passion de l'aviation ?
Tout a commencé avec Le Grand cirque, livre culte sur les souvenirs du pilote de chasse français Pierre Clostermann. Je l'ai trouvée sur l'étagère de mon père et j'ai d'emblée était fasciné. Clostermann raconte de manière très authentique et humaine. Avec lui, j'ai senti la sueur de la peur et les battements de cœur avant la rencontre avec l'ennemi. Peu après, j'ai vu mes premiers appareils de guerre à hélice en vol. La rumeur des moteurs de plus de 1000 chevaux et les formes élégantes m'ont fait frissonner...
Quelle est la part historique dans ce récit? Apercevra-t-on régulièrement des figures historiques?
Mes avions préférés sont ceux des années quarante. Je suis aussi attiré par la mode et le design de cette époque. Je me suis donc documenté très sérieusement sur la période mais je pense que les figures historiques vont disparaitre un peu au fil de la série. J'étais un peu trop séduit par les grands noms historiques et maintenant je suis toujours obligé de contrôler si la biographie du personnage historique correspond avec les évènements inventés ou transposés. Sinon, j'ai lu nombre de mémoires de pilotes qui m'ont inspiré Le Faucon du désert.
Interview réalisée par Audrey LATALLERIE