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Fred Neidhardt pour Pattes d'eph et col roulé



Pourquoi faire un album sur votre jeunesse ?

Cela fait longtemps que je voulais raconter des histoires d'adolescents, un âge bizarre qui me fascine, où on se retrouve à l'état de mutant, le corps qui se transforme, un pied chez les grands, l'autre chez les petits, un œil sur l'Île aux Enfants, l'autre sur le poster central de Lui… Et l'ado que je connais le mieux, c'est Frédéric, 13 ans en 1979.

Avez-vous des nouvelles de votre correspondant Karl Heinz ? Et avez-vous fait des progrès en allemand ?

Je n'ai pas de nouvelles de lui depuis 1980. Peut-être que je l'ai vu à la télé, en train de casser un mur à Berlin, fin 1989, mais en tous cas je ne l'ai pas reconnu.

Savez-vous ce que sont devenus vos camarades de jeux de l’époque de Pattes d’eph et col roulé ?

À part mon frangin qui est illustrateur 3D (ça fait très "An 2000" !), je n'ai pas de nouvelles des autres. Et maintenant je n'oserais pas les croiser… Qu'est-ce que je répondrais à leurs "Qu'est-ce tu d'viens ?" "Euh… Ben là j'ai fait une BD où t'es d'dans, et pi d'ailleurs t'en prends plein la gueule…"

Utilisez-vous encore la technique de l’énergie bio-ionique de Steve Austin pour voyager dans le temps ?

Je fais des sauts de plus en plus grands dans le temps. Mais je n'avais pas prévu l'effet secondaire : plus je vais dans le futur, plus je vieillis ! Et je n'ai toujours pas réussi à trouver la marche arrière.

Pattes d'eph et col roulé
Scénario : Fred NEIDHARDT
Dessin et couleurs : Fred NEIDHARDT
Collection : Shampooing

En librairie depuis le 4 juin 2008
Voir la fiche de l'album






Êtes-vous toujours obsédé par les poils ?


Oui, mais pas n'importe lesquels. C'est spécifiquement dans le concept de "femmes à poil" que les poils me tarabustent.

Quel recul avez-vous sur les années soixante-dix ?

Plus je recule, plus c'est beau. Dans les années quatre-vingts, je les trouvais moches, rococo, tarabiscotées. Et puis elles se sont imposées à moi comme la plus belle décennie depuis l'âge de pierre. Les seventies sont généreuses, exubérantes, libérées sexuellement, enivrantes comme un slow de Mike Brant, elles ont le punch d'un fulguropoing…

Entre Casimir, le Simon, Goldorak, etc., s’il ne devait rester qu’un symbole des années soixante-dix, lequel choisiriez-vous ?

Le plus beau jouet est celui qu'on n'a jamais eu. Moi j'avais des Playmobils, un Big Jim, des Pif Gadget, mais j'ai jamais eu un Simon. J'en rêvais, mais j'ai dû me contenter d'y jouer chez des copains.
Et puis le Simon c'est un symbole, un pionnier, c'est un des tous premiers jeux électroniques, mais il fait encore partie de ces "jeux de société" où on se mettait tous autour en piaillant comme des veaux. En plus, avec ses lumières stroboscopiques et ses sons synthétiques, c'est définitivement L'OBJET des années disco. Non ?



Vos histoires sont d'abord parues sous forme de blog. Vous êtes un BD-blogeur ?

Je voulais faire ce livre depuis longtemps mais je n'arrivais pas à m'y mettre, par pure paresse. Mon ami Fabrice Tarrin (Le Journal intime d'un lémurien, dans la même collection) m'a conseillé : "Mets tes pages en ligne, tu vas voir, c'est super !" Il venait de laisser tomber son Fleurblog, qu'il animait avec la blogueuse Laurel, suite à une rupture. Du coup, tel un coucou, j'ai squatté la place encore chaude. Et depuis, j'ai 10 000 coachs tous les jours qui attendent leur page quotidienne en piaffant d'impatience.
Mais attention : Pattes d'eph et col roulé est une version super remastérisée du Fleurblog, en couleurs, avec plein de morceaux inédits dedans, et beaucoup plus de papier !


Interview réalisée par Audrey LATALLERIE