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Interview de Gess

Extrait de "Dante 01 - Storyboard".


Dante 01 était-il votre premier storyboard ?
En ce qui concerne le cinéma, j’étais complètement néophyte, mais j’en fais en bande dessinée depuis longtemps. J’ai commencé à la demande de Doug Headline, à l’époque de Teddy Bear chez Zenda. J’ai continué ensuite sur Ultima Parano, Kazandou, et jusqu’à récemment sur Carmen Mc Callum. Je pense que c’est le meilleur point d’ancrage entre le scénariste et le dessinateur. C’est important parce que cela permet de bien formaliser les choses…

 

Comment avez-vous réagi quand Marc Caro et Fred Blanchard vous ont proposé de participer à cette aventure ?
C’est Fred qui m’en a parlé en premier, lors du Festival Delcourt à Bercy, il y a deux ou trois ans. J’ai accepté tout de suite. Une telle occasion ne se rate pas ! D’autant que j’apprécie le travail de Caro depuis toujours. Je lisais ses bandes dessinées dans Métal Hurlant, j’ai vu tous ses courts métrages… J’étais donc plutôt flatté par cette proposition, même si elle m’inquiétait aussi beaucoup. N’ayant jamais fait de board pour le cinéma, je redoutais l'exercice… Mais cela s’est bien passé. Le scénario permettait une répartition du storyboard en deux parties bien distinctes, et Marc m’a vraiment fait totalement confiance.

 

Quelle a été votre première approche ?
L’histoire étant un huis-clos avec pas mal de personnages, j’ai essayé d’oublier le langage de la bande dessinée pour me rapprocher de celui du cinéma, voire du théâtre. J’ai laissé un peu de côté les décors, pour me focaliser avant tout sur le jeu des personnages, sur les angles de vue… Marc m’avait dit avoir surtout besoin du storyboard pour chronométrer son temps. Je me suis donc basé là-dessus. Une ou deux fois, j’ai même eu tendance à surdécouper. Si je m’étais écouté, j’aurais dessiné image par image, comme dans l'animation ! Il a donc fallu que je me pondère un peu, d’autant que nos délais étaient limités. Nous travaillions à flux tendu : chaque semaine j’envoyais mon travail à Marc par mail, et tous les quinze jours je passais le voir avec un CD contenant un morceau du board définitif. C’était un rythme soutenu, mais c’était une super expérience.

 

 

Quelles sont les vraies différences entre storyboards de film et bande dessinée ?
La principale, c’est la mise en page. Sur un storyboard de cinéma, il y a bien sûr des changements d’angles de caméra, mais on conserve toujours le même cadre. En bande dessinée, la taille et la disposition des cases vont au contraire avoir un rôle très important lors de la lecture.

 

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans "Dante 01 - Storyboard".

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