Extrait de "Dante 01 - Storyboard".
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Dante 01 est votre tout premier storyboard de film ?
Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?
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À la lecture de témoignages sur la genèse de certains grands films, on s’aperçoit que les réalisateurs et leurs équipes sont généralement devenus très créatifs au moment où ils ont été confrontés à des problèmes a priori insurmontables. Face à des contraintes, notamment budgétaires, on est amené à donner son maximum, à imaginer toutes les solutions artistiques pour les contourner. Sur le moment ces contraintes sont très désagréables, mais on prend souvent conscience par la suite que ce sont elles qui nous ont fait progresser.
Après ce premier storyboard de dessin animé, pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie ?
Cela aurait pu me plaire, mais le travail de storyboarder est extrêmement prenant...Il faut environ cinq ans de labeur acharné pour bien maîtriser ce domaine... quand on est doué ! Or, j’avais quelques ambitions au niveau de la bande dessinée et je ne voulais surtout pas me cantonner à l'animation. Pendant la journée je réalisais des décors de dessin animé, et le soir je faisais de l’illustration et de la bande dessinée.
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À quel rythme Marc Caro a-t-il validé votre travail ?
Je lui présentais deux à cinq scènes terminées par semaine. Après les éventuelles modifications, mais il y en a finalement eu très peu, les images définitivement validées étaient scannées avec tous les codes correspondant au script (numéro de plan, scène, séquence) et je pouvais passer aux suivantes. Ce rythme hebdomadaire était assez pratique, car il me permettait de savoir précisément comment m’organiser. Sur un travail aussi important, il est primordial de s’imposer un rythme assez soutenu, sinon on ne s’en sort pas. Même en ne réalisant que la moitié du storyboard, j’ai retrouvé les « joies » des nuits blanches pour la première fois depuis dix ans, parfois même deux ou trois fois dans la même semaine... Au bout de trois mois, j’avoue avoir été assez content de redormir normalement (rires) !
Comment s’est organisé le travail avec Gess ?
De façon très simple : on ne s’est jamais vus (rires) ! Dans le film, l’univers des gardiens et celui des prisonniers sont très cloisonnés. Ils se parlent par l’intermédiaire d’écrans ou d’interphones, mais ils ne se rencontrent jamais. Le postulat de Marc était de faire évoluer les gardiens dans une ambiance rappelant celle des films de vampires, très sombre, éclairée seulement par la lueur des écrans. Les prisonniers, eux, vivent un peu comme des rats de laboratoire, dans une atmosphère médicale hyper lumineuse. Ainsi, la répartition du travail entre Gess et moi s’est faite naturellement, chacun ayant un univers bien spécifique à traiter. De cette manière, le contraste entre les deux mondes était évident dès le storyboard. La différence de style entre Gess et moi permettait d’identifier tout de suite les deux univers. C’est un heureux concours de circonstances, mais j’ai trouvé cela vraiment bienvenu. En fait, ce travail à deux est devenu un véritable atout. Par exemple au niveau du rythme : Marc pouvait changer des séquences de place en visualisant immédiatement comment s’intercalaient les deux univers… Bien sûr, si le film n’avait pas eu cette spécificité, nous nous serions réparti le travail autrement, en fonction d'autres critères.
Retrouvez l'intégralité de cette interview dans "Dante 01 - Storyboard".
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